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La FED ne débranche pas (encore) la perf’ !

Mercredi 18 septembre 2013, Ben Bernanke a annoncé que l’institution qu’il dirige continuera de soutenir l’économie américaine : Tous les mois, la FED rachètera pas moins de 85 milliards d’actifs, comme elle le fait depuis l’été 2012 dans le cadre du QE 3. Cette annonce s’est traduite instantanément et positivement sur les marchés, comme le montre cette courbe d’évolution de Standard & Poor’s, eux qui s’attendaient plutôt à ce que la FED lève peu à peu le pied sur la planche à billets.

Depuis plus d’un an, la banque centrale américaine rachète tous les mois 40 milliards de titres hypothécaires et 45 milliards de titres de dette. Rappelons que les titres hypothécaires (MBS aux Etats-Unis) sont des valeurs mobilières adossées à des actifs garantis par des biens hypothéqués. En rachetant ces titres, la FED veut détendre le marché immobilier américain en faisant baisser les taux d’intérêt pour favoriser les emprunts… Le spectre de 2008 n’est pas loin !

M. Bernanke quittera la présidence de la FED en Janvier 2014 et tout laisse à penser que la personne promise à sa succession, l’actuelle vice-présidente Janet Yellen, aura du travail pour maitriser et limiter les effets collatéraux à venir. Nous pouvons imaginer les effets suivants :

Dans le cas où elle déciderait de stopper la politique menée par son prédécesseur :

  • Une chute sur les marchés : Les marchés seraient moins rassurés sur la qualité des titres et il s’en suivrait des ventes en cascade, encore plus importantes et dommageables si la banque centrale venait à mettre, elle aussi, ses titres sur le marché afin de récupérer la monnaie injectée pour limiter une éventuelle inflation.
  • L’explosion d’une bulle spéculative : Alors que le soutien monétaire qu’apporte le QE 3 dope le prix des métaux précieux (voir graphique ), un débranchement de la perfusion monétaire pourrait avoir un effet rétroactif important non seulement sur les métaux précieux, mais aussi sur les titres de dette, les titres hypothécaires, le marché immobilier ainsi que l’ensemble des marchés !

Dans le cas où elle déciderait de continuer la politique de son prédécesseur :

  • Une inflation trop importante : Alors que le but du quantitative easing est de pousser les taux d’intérêts à la baisse, une augmentation trop importante et non maitrisée de la masse monétaire peut avoir des effets très néfastes sur l’inflation : de l’inflation un peu trop élevé à l’hyperinflation, aucune n’est pourtant désirée dans cette période où l’économie américaine est à la traine.

Quoi qu’il en soit, la politique actuellement menée pourrait s’avérer inefficace, les taux directeurs étant déjà très proches de 0 (voir ce graphique de l’évolution des taux ). Mais si on se remémore ce que Greenspan, ancien président de la FED, disait « Si vous avez compris ce que je viens de vous dire, c’est que je me suis probablement mal exprimé », on peut également imaginer que, contrairement à ce qu’a annoncé M. Bernanke, la FED va prochainement réduire le débit de la perfusion financière.

CREMEL Maxime – Toulouse School of Economics

Posté par m.cremel le 2013-09-23

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