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Faisons le point sur… la baisse des commissions interbancaires.

Lundi 23 septembre 2013, l’Autorité de la Concurrence a annoncé que les commissions interbancaires de certaines cartes Mastercard et Visa seront plus faibles à compter du 1er novembre. A quoi correspondent ces commissions? Comment fonctionne le marché des cartes bancaires ? Voici quelques éléments de réponse.

Les commissions interbancaires sont composées en deux grandes catégories : les commissions interbancaires de paiement (CIP), qui seront de 0,28% au lieu de 0,52%* du montant de la transaction, et les commissions interbancaires de retrait (CIR) qui passeront de 0,67* à 0,55 euro par transaction.

*moyenne entre les commissions Visa et les commissions Mastercard.

Pour les paiements, les commissions sont variables en fonction du montant et rémunèrent la banque du porteur de la carte à chaque paiement. Ainsi, lorsque vous réglez vos achats avec votre carte bancaire, la banque de votre commerçant doit indemniser votre banque pour le service rendu. Ce service se décompose en trois parties : le traitement de l’information, la sécurité et la couverture du paiement.

A l’inverse, les commissions de retrait sont fixes et sont versées à chaque retrait par la banque du porteur à la banque gestionnaire de l’automate. Ces commissions rémunèrent la privation de trésorerie et la gestion entre le retrait et le remboursement par la banque du porteur.

Les banques vont donc s’échanger moins d’argent, car à première vue, il n’y aura pas d’effet réel sur la consommation mis à part des effets minimes comme l’abaissement du seuil d’acceptation de la carte par les commerçants ou la baisse éventuelle des frais du porteur pour l’utilisation de sa carte bleue.

S’il est intéressant de se pencher sur ces cartes bancaires, c’est qu’elles interviennent dans plus de la moitié des transactions scripturales (voir ce rapport)  et qu’elles constituent une « double source » de recette pour les banques. En effet, d’un côté les consommateurs paient des frais liés à l’utilisation de leur carte et de l’autre côté les commerçants doivent souscrire à un kit comprenant la location d’un terminal de paiement électronique (TPE), les communications téléphoniques et les coûts liés à la CIP.

Les cartes bancaires constituent donc ce que l’on peut appeler maintenant un marché biface. Ce terme inventé dans les années 2000, notamment par Jean Tirole, décrit une situation dans laquelle une plate-forme :

  • fournit des services différents à deux types distincts de clientèles (appelés faces). Dans notre cas, ce sont les consommateurs et les commerçants.
  • présente des externalités croisées: les services proposés sont interdépendants, c’est-à-dire que la qualité des services d’une face influe sur la qualité des services de l’autre face. Par exemple, si un TPE ne marche pas chez un commerçant, alors la carte bancaire deviendra inutile.
  • choisit les prix fixés de chaque côté du marché.

Pour conclure, les journaux sont également des plateformes de marché biface. En effet, il y a les lecteurs qui paient pour lire le contenu et les publicitaires qui achètent des encarts sur les pages de couverture… Avoir le beurre et l’argent du beurre, c’est possible !

CREMEL Maxime – Toulouse School of Economics

Posté par m.cremel le 2013-10-02

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